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ARCHIVES JUILLET 2002


Semaine du 22 au 28 juillet 2002

Rien de nouveau du côté de l'Europe

L'UE pose toujours ses conditions

à la levée de ses sanctions injustes

L'Union Européenne (UE) continue d'observer la situation politique en Haiti. Elle considère le dernier rapport de la commission d’Enquête de l'OEA comme "détaillé et complet". Dans son communiqué de presse en date du 19 juillet 2002, elle invite les parties haïtiennes concernées à "accepter et à mettre en oeuvre les recommandations du rapport"

L’Union en profite pour réaffirmer son soutien aux efforts déployés par l’OEA et la CARICOM.

Dans ce communiqué de presse, la communauté européenne rappelle qu'elle avait décidé , le 22 janvier 2002, de " suspendre partiellement l’aide financière de l’UE et de ne permettre une réactivation progressive de tous ses instruments de coopéraion au développement que lorque les parties haitiennes concernées seront parvenues à un accord politique.

L'Union Européenne annonce que les " pays d’Europe centrale et orientale associés à l’Union Européenne , Chypre , Malte et la Turquie , pays également associés , ainsi que les pays de l’AELE , membres de l’espace économique européen se rallient à cette déclaration " .

En somme une large coalition pour "démocratiser" la misère à coup de "sanctions économiques"!


L'internationale Socialiste refait parler d'elle

 

Le Comité de l'Internationale Socialiste pour l'Amérique Latine et la Caraïbe est préoccupé par la situation en Haïti. A sa réunion de Caracas les 19 et 20 juillet 2002, elle a adopté une nouvelle résolution condamnant les "graves violations des principes de l'Etat de droit enregistrés en Haïti ces derniers temps. L'IS s'inquiète du laxisme de l'appareil judiciaire haïtien etc. L'IS encourage ses partis membres en Haïti à renforcer "leur stratégie unitaire sous la banière de la Social-Démocratie." On peut dire que cette Internationale a de la suite dans les idées. Elle reconnait sa partialité inconditionnelle dans la politique haïtienne. Depuis 12 ans elle cherche à imposer ses factions politiques malgré la volonté contraire exprimée par le peuple haïtien. Il existe pourtant des politiques responsables dans ces milieux, mais ils nous envoient toujours des émissaires incompétents qui confondent diplomatie avec tourisme et copinage.


 

Le Docteur américain Paul Farmer

recommande la levée

des sanctions contre Haïti

 

Le Docteur Paul Farmer, originaire de Floride, a fondé la première clinique contre le Sida en Haïti. Il a commencé à travailler avec les malades les plus pauvres. Farmer est un professeur de l'Ecole de médecine de Havard et un spécialiste international pour le traitement des maladies infectieuses. Le 12 juillet 2002, Farmer a confié son point de vue sur la pauvreté et sur Haïti au journaliste David Sylva (Miami Herald).

Le Docteur Farmer examine trois voies pour traiter la pauvreté. La première suivre le modèle de développement : "Tu fais ce que te disent les experts, ainsi ton économie renait et tu es parfait". Malheureusement, dit Farmer, le développement imposé blessent souvent les pauvres.

Sinon vous pouvez vous tourner vers la charité. Farmer trouve que "la charité gomme l'histoire". Selon Farmer, les Etats-Unis n'ont jamais cessé de défier la souveraineté haïtienne, le seul pays né d'une révolte d'esclaves. Farmer préfère une troisième approche : un modèle de justice sociale. En premier lieu il recommande la fin de l'embargo contre Haïti.

Il existe plein de gens bien de par le monde pour soutenir le peuple haïtien, même si de plus en plus d'Haïtiens n'ont pas honte d'appeler à aggraver ses souffrances par des sanctions économiques.


 

Semaine du 15 au 21 juillet 2002

 

Déclaration responsable de l'ambassadeur français

le 14 juillet 2002

Monsieur Yves Gaudeuil, Ambassadeur français en Haïti a tiré le bilan de la crise haïtienne en quelques mots. A l'occasion de la célébration du 14 juillet, fête nationale de la République française, le diplomate a déclaré, à l'adresse des politiciens haïtiens qu'il ne servait à rien de laisser pourrir la situation dans l'espoir d'une intervention de "l'international". D'après lui, "l'international" pourrait plutôt tourner le dos face aux carences haïtiennes.

Nous soulignons ces propos avec d'autant plus de satisfaction que la diplomatie française s'est laissé tromper, depuis 12 ans, par des émissaires partisans , qui ont voulu imposer en Haïti leur propre faction politique, au mépris de la volonté populaire.

Cette mésaventure a totalement brouillé la politique haïtienne de la France qui devrait au contraire servir de boussole aux autres acteurs internationaux. Il est urgent que le Quai d'Orsay reprenne son rôle au service de l'amitié entre les deux peuples qui ne peut être fondée que sur le respect et la considération mutuels.

 

Semaine du 1er au 7 juillet 2002

 

Pour le Pays

Finissons-en!

 

Cette situation ne peut plus durer! Puisqu'aucune entente ne semble possible entre Haïtiens, puisque les partenaires internationaux s'obstinent dans leur propre lecture de la question haïtienne, il faut forger une sortie politique.

Le Rapport de la Mission d'enquête de l'OEA est publié. Il reconnait que le Palais présidentiel a bien été attaqué en deux fois, le 28 juillet 2001 et le 17 décembre 2001. Il ne reprend pas la thèse de l'opposition qu'il s'agissait d'un montage du gouvernement pour trouver prétexte à répression. Le Rapport conclut que ces attaques n'étaient pas des tentatives de coup d'Etat.

Les représailles des manifestants pro-gouvernementaux contre les sièges d'organisations politiques étaient des violences anti-démocratiques qui méritent enquête et châtiments.

Les victimes de ces violences devraient recevoir rapidement des réparations financières . Le Gouvernement haïtien est enjoint d'appliquer la Résolution 806 adoptée le 16 janvier 2002 ou sera condamné à regarder s'aggraver les souffrances du peuple haïtien sous des sanctions économiques internationales impitoyables.

Malgré sa fébrilité, l'opposition n'est pas pour grand chose dans cet embargo international. Elle ne fait qu'en tirer bénéfices comme tous les autres ennemis du pouvoir.

Un problème entre l'OEA et Haïti

C'est un malentendu entre Haïti et les partenaires étrangers et non entre le gouvernement haïtien et son opposition. Que cela soit bien clair. C'est bien Monsieur Marville, membre de la mission d'observation électorale de l'OEA, qui contesta la méthode de calcul du Conseil Electoral haïtien après les législatives de 2000. Devoir régler ce contentieux diplomatique est un défi majeur pour un pays exsangue. Il ne peut pas être relevé par la force! Haïti n'a pas d'ennemis. Pas même des concurrents. Nous n'avons que de puissants bienfaiteurs. Le défi ne peut être relevé que par des concessions politiques, des sacrifices compatibles avec les intérêts supérieurs de la Nation.

Dans notre histoire, nous avons souvent dù accepter les demandes des puissances étrangères. Rappelons-nous l'époque des cannonières. Dans l'actuel litige Haïti/OEA, Haïti s'est d'ailleurs déjà engagé dans la voie des concessions.

Mais ce n'est pas assez!

Les sénateurs élus le 21 avril 2000, selon le mode de calcul contesté par l'observateur de l'OEA Orlando Marville, ont accepté de démissionner. Les députés et élus locaux ont accepté de réduire leur mandat et d'aller à de nouvelles élections. Tout cela est insuffisant aux yeux de l'OEA. Il faut encore mettre en prison des militants des Organisations populaires, payer des réparations financières aux propriétaires des sièges politiques détruits par des manifestants politiques en colère.

Des sacrifices supplémentaires!

L'intérêt du pays réclame des sacrifices supplémentaires face à l'embargo international. Haïti peut sans perdre son âme accepter l'ultimatum étranger.

Pour aider le pays, les manifestants du 17 décembre 2001 pourraient accepter d'être poursuivis conformément à la loi. Ce sont là des sacifices politiques et diplomatiques. Ce n'est pas pour Aristide, mais pour le pays. Et le pays sera certainement reconnaissant à ceux qui consentiront des sacrifices pour le tirer de ce mauvais pas. C'est un problème facile à comprendre, si on explique aux gens comment se rendre utiles au lieu de tomber dans le désordre. Malheureusement, on voit le désordre en bas et on minimise le désordre en haut.

En réalité, dans une perspective d'apaisement, on devrait envisager une amnistie, à la sortie de cette grande crise morale nationale. Le pays est dans un tel état de misère matérielle et morale qu'il est plus que temps de penser à la régénération et aux réformes nécessaires. C'est faux de se mettre dans la tête que le mal c'est Aristide. Le mal c'est d'avoir abandonné, depuis trop longtemps, les populations déshéritées, dans une telle situation matérielle et morale. L'absence d'encadrement civique et moral laisse la voie ouverte aux pires débordements imaginables.

On exige de l'argent à titre de réparations. On peut toujours en verser! Y aurait-t-il assez d'argent si on devait accorder des réparations à toutes les victimes de Cédras, sans parler des Duvalier et de leurs successeurs? En fait que prévoit la loi haïtienne en matière d'indemnisation des victimes dans les cas de troubles politiques?

Le projet de budget de la Mission Spéciale de l'OEA révèle toutes les dépenses qui auraient pu être évitées si les Haïtiens avaient pu s'entendre!

Plus jamais ça! Des réformes enfin!

Cette douloureuse expérience peut être une occasion pour Haïti d'engager de véritables réformes pour éviter le renouvellement de ce genre de désagréments.

Toutes les structures de la Nation sont vermoulues. Elle ne peut donc pas tenir debout. Elle souffre d'un manque de piliers, d'appui, de cadres. Il faut des lois et des règles valables pour tous. Une politique adéquate d'information, de recrutement et de formation est nécessaire pour renforcer l'encadrement national à tous les niveaux :administration publique, société civile, partis politiques, organisations populaires, presse etc.

Pour cela la mobilisation des forces vives est nécessaire pour débattre, étudier et proposer.Laisser passer un souffle citoyen sur l'Etat, les organisations politiques, les organisations populaires, et toute la société. N'ayons plus peur du débat.

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